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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 22:34

 

Fouade_Mohadji

Les travaux du 22ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (Ua) s’ouvrent ce matin à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. La presse continentale épiera sans doute le premier pas du tout nouveau président malgache Hery Rajaonarimampianina, qui effectue sa première sortie internationale cinq jours après son investiture et au surlendemain de la levée, par l’Ua, de la suspension qui frappait la Grande île depuis 2009. Les Comores y sont représentées par le vice-président chargé de la Santé, Fouad Mohadji.

Deux thèmes majeurs, l’agriculture et la sécurité alimentaire, vont être au coeur des discussions, au-delà de l’examen habituel des différentes crises qui secouent aujourd’hui l’Afrique, notamment la situation politique en Centrafrique, la rébellion armée au Soudan du sud,...

Il y a deux ans, lors du 19ème sommet de l’organisation, 2014 a été déclarée «Année de l’agriculture et de la sécurité alimentaire». Les pays membres vont donc mettre à profit ce rendez-vous d’Addis-Abeba pour évaluer les efforts consentis dans le secteur agricole depuis la déclaration de Maputo (2003), qui avait appelé les gouvernements du continent à consacrer 10% de leur budget national à l’agriculture.

Onze ans après, qu’en est-il exactement de cette recommandation de l’Ua? Si la plupart des Etats sont loin d’avoir atteint cet objectif pour des raisons diverses (manque de volonté aux niveaux politiques les plus élevés, absence de stratégie ou stratégie inappropriée,...), les Comores font partie des pays les plus bien notés (plus de 15%). Comment l’archipel pouvait-il, en effet, se permettre le luxe d’abandonner un secteur qui représente plus de 40% du Produit intérieur brut (Pib), assure 80% des emplois et près de 90 % des recettes d’exportation.

Selon les spécialistes, les Comores disposent de nombreux atouts dans le domaine, parmi lesquels la mise en place d’un réseau d’approvisionnement en intrants agricoles, des variétés à haut rendement et résistantes aux maladies, la création d’un fonds de développement dédié aux cultures vivrières, l’existence d’une demande intérieure et des potentialités de diversification des cultures de rente,...

En 2011, à la veille du lancement du Programme détaillé de développement agricole en Afrique (Pddaa), le gouvernement comorien s’est félicité que le pays ait «dépassé le seuil d’une agriculture de subsistance». Il avait ainsi recommandé au ministère de la Production «d’explorer les possibilités de commercialisation des produits agricoles dans le cadre d’une agriculture intensive».

Mais, à vrai dire, le secteur agricole national est confronté à de nombreux défis, notamment le problème de la gestion de l’eau, l’accès au foncier, l’enclavement des zones de production ou encore l’insuffisance de structures de commercialisation, de transformation/conservation et d’approvisionnement.

On peut y ajouter la difficulté d’accès au crédit, l’absence de moyens appropriés pour les structures d’encadrement,... Les autres contraintes sont liées à la faible diversification et à la non-valorisation des produits primaires ainsi qu’à l’absence d’une politique de marketing. La jeunesse des organisations professionnelles agricoles, souvent dépourvues de moyens et de ressources humaines pour «répondre aux besoins ressentis par la communauté rurale face au désengagement de l’État», n’est pas, non plus, de nature à favoriser le développement de l’agriculture.

Les Comores disposent de 115,883 hectares de terre cultivable. Le riz reste de très loin la denrée alimentaire la plus consommée, derrière la banane et le manioc. Il est importé du Pakistan, de l’Inde, du Brésil et même de Dubaï, entre 20 et 40.000 tonnes de riz par an. A en croire certaines études, il suffirait de «mobiliser 10.000 hectares de la surface nationale cultivable pour produire les 50.000 tonnes, toutes qualités confondues, dont les Comoriens ont besoin pour s’assurer une autosuffisance en riz».

La Stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté (Scrp) recommande de mettre particulièrement l’accent sur le renforcement des capacités des organisations paysannes et professionnelles, l’intensification des productions agricoles (investissements en irrigation, mécanisation, sécuriser l’approvisionnement en intrants, fertilisation, accès au crédit, encadrement, formation, recherche, etc.), la promotion de l’industrie agroalimentaire ou encore la valorisation des produits comoriens au travers d’un label Comores.

A Addis-Abeba, le vice-président Fouad Mohadji va certainement mettre en avant les progrès accomplis au niveau national pour se rapprocher des objectifs aussi bien de la déclaration de Maputo que des Omd. Mais il ne s’exonérera pas du devoir de rappeler les défis du secteur et plaider pour une plus grande implication des partenaires bi et multilatéraux.

Mi

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Published by Actu-Comores - dans ACTUALITÉ COMORIENNE
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