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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 23:04

 

Lycee_SMC

Tous les lundis depuis deux ans, au lycée Saïd Mohamed Cheikh de Moroni, on entonne l’hymne national avant le début des cours. En espérant que toutes les écoles de l’archipel fassent la même chose, Al-watwan y a fait un mini-reportage.

La main droite sur la poitrine, les élèves du lycée entonnent l’hymne national, tous les lundis depuis deux ans, à 7h30, exactement. Le stade de volley-ball est noir de monde. Les élèves, dans une belle ferveur, se tiennent droit et chantent. Ce spectacle donne des frissons. Le proviseur Aboubacar Ahamada, qui en est le principal initiateur, ne cache pas sa fierté. «Quand j’ai pris mes fonctions, il n’y avait pas de drapeau ici», s’est-il indigné. «Aussi, je suis parti en chercher et le jour où on l’a hissé, instinctivement, nous avons chanté le Udzima wa masiwa et depuis c’est resté une tradition», a-t-il avoué. Mais il y a aussi une autre raison qui a motivé sa démarche: «beaucoup d’élèves ne connaissaient pas notre hymne et c’était une honte. Par cette tradition, nous espérons susciter l’amour de la patrie en plus d’en faire connaitre les paroles aux élèves», a-t-il déclaré.

A dire vrai, il n’y a pas que cela. Cinq minutes exactement avant de chanter, à 07h25 donc, un élève du haut de l’estrade (en fait le balcon attenant le bureau du proviseur), prononce un discours. Cela aussi demeure une tradition.
Le contenu du discours? «Un élève est choisi au hasard, une semaine à l’avance afin qu’il puisse l’écrire et il est libre d’écrire tout ce qu’il veut», a expliqué le proviseur. Vraiment? «Nous nous assurons juste que le contenu n’est en rien insultant vis-à-vis des autorités, à part cela, les élèves sont libres d’écrire ce qu’ils veulent», a-t-il assuré. D’accord. Avant d’enchainer: «souvent, les discours portent sur la vie au lycée, sur le quotidien des lycéens et ces derniers en profitent pour faire connaitre leurs revendications». «Ainsi, dans un discours, un élève a demandé pour cette année, la tenue du bac blanc, un autre souhaite que le lycée commémore l’anniversaire du Prophète, un troisième veut un tournoi de foot», a-t-il rapporté. Ces propositions ont-elles été retenues? «Oui, elles ont toutes été acceptées».

Comme partout, il y a parfois des élèves réfractaires. Ainsi les élèves qui s’assoient lors de l’hymne national se voient contraints «de rédiger un exposé sur l’importance de l’hymne national dans un pays» et pour ceux qui sont à l’intérieur mais qui se cachent dans les salles «écopent d’une suspension d’une semaine» et ceux qui viennent en retard «ne peuvent entrer en classe qu’à la deuxième heure».

Pour autant, cette tradition a suscité un bel engouement. Aussi, des personnes externes à l’établissement se joignent aux élèves et au personnel pour chanter l’hymne national. Des jeunes venant d’écoles différentes comme des adultes qui sont déjà dans la vie active. «Cela a revêtu une importance telle qu’il est fréquent que des professeurs, qui commencent leurs cours à 9h20, viennent plus tôt pour le seul plaisir d’y participer». Peut-être aussi, que ces élèves à qui on apprend à faire des discours et qui se tiennent debout devant des centaines de personnes sont-ils nos leaders de demain? Peut-être.

Faïza Soulé Youssouf

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Published by Actu-Comores - dans ACTUALITÉ COMORIENNE
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