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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 22:44

 

Javier_sanz_Alvarez

Javier Sanz Alvarez, responsable du bureau régional de la gestion des risques de catastrophes naturelles pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), nous éclaire sur les initiatives de l’agence onusienne pour accroitre la sécurité alimentaire en Afrique australe.

Quelles sont les principales activités réalisées par la Fao en Afrique australe pour faire face aux impacts dus aux catastrophes naturelles sur l’agriculture?

Nous réalisons des activités d’élevage et de nutrition pour la sécurité alimentaire. L’essentiel de la gestion des risques de catastrophes pour l’Afrique australe est liée aux problèmes naturels comme les cyclones, les inondations et la sécheresse qui sont les trois plus gros problèmes, du point de vue naturel, qui affectent la production agricole. Les cyclones et les inondations atteignent plus la côte est, surtout Madagascar et le Mozambique; alors que la sécheresse est plutôt dans la zone intérieure, la Namibie, le sud de l’Angola et le Botswana.
A part les problèmes météorologiques et de catastrophes naturelles, nous travaillons aussi dans le domaine des catastrophes dues aux invasions de ravageurs et aux maladies animales et végétales. En plus de cela, nous réalisons un suivi des situations d’urgence en temps de guerre ou de présence de groupes armés. Notre réponse est différente selon la nature de l’évènement.

Quels progrès vous semblent primordiaux à réaliser en Afrique australe pour limiter les dégâts des catastrophes naturelles sur l’agriculture?

Nous essayons, en général, d’améliorer et d’accroitre la résilience des communautés et des petits fermiers, en tenant compte du fait que plus de 80% de l’économie rurale est basée sur l’agriculture et que 90% de la main d’oeuvre en Afrique australe y travaille. Nous ne tentons pas seulement de travailler dans la réponse quand il y a une crise ou une catastrophe, mais également d’agir en amont pour l’accroissement de la résilience avant qu’il y ait une catastrophe. Si nous connaissons d’avance les zones qui sont victimes d’inondations ou de cyclones chaque année, nous créons des activités pour que les gens puissent être plus résilients.

Expliquez-nous cette notion de résilience?

Plus ou moins, cela veut dire qu’il faut que les gens soient prêts, qu’ils soient plus résistants quand il y a un problème. Il y a énormément à faire et nous concentrons nos efforts dans le domaine de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Beaucoup de petites choses sont réalisables pour réduire les risques au moment de la catastrophe.
Par exemple, l’utilisation des semences améliorées qui sont des semences de bonne qualité qui seront plus résistantes à la sécheresse. Egalement les semences de cycles courts, qui vont être récoltées plus tôt que les semences habituelles. Elles vont passer moins de temps dans les champs. Si c’est quarante jours en moins, alors ce seront quarante jours ou elles ne pourront pas être affectées par une invasion de ravageurs, une sécheresse, un cyclone ou une inondation.
La Fao agit avec les groupements de producteurs, car nous croyons qu’un groupe de fermiers va être plus résilient qu’un fermier qui travaille seul. Nous agissons sur les activités d’irrigation car elles sont peu affectées par les cyclones, les inondations ou la sécheresse. On peut irriguer toute l’année et assurer la bonne gestion de l’eau et du sol, pour être sûr que la production agricole ne sera pas affectée par des problèmes climatiques.

Les agriculteurs sont-ils réceptifs et emploient-ils les nouvelles méthodes que vous préconisez?

En général, les agriculteurs n’aiment pas trop changer les choses, car ils continuent à pratiquer l’agriculture qu’ils ont toujours faite. Il y a beaucoup de pratiques traditionnelles qui sont très bonnes pour la plupart, mais avec les nouvelles technologies et les nouvelles façons de travailler la terre, il y a des choses qu’il faut apprendre aux fermiers. Il faut bien leur expliquer et surtout leur montrer l’impact et pourquoi c’est une bonne pratique agricole. Très souvent, il faut faire de petites vidéos pour montrer les nouvelles techniques.
Normalement, quand on est en mesure de travailler avec la communauté et qu’ils se rendent compte que nous ne faisons pas de business mais que nous les aidons, ils sont assez ouverts.

L’agriculture impacte sur les aléas climatiques. Quelles mesures prend la Fao pour réduire l’empreinte énergétique qu’elle génère?

La Fao travaille beaucoup dans l’agriculture de conservation, il s’agit de toucher le sol le moins possible. Au lieu de labourer le sol entièrement, on laboure seulement la partie à planter, ou on ne laboure pas du tout. Ce sont des activités que la Fao réalise ave beaucoup d’autres partenaires pour éviter tous les problèmes d’érosion qui sont une cause importante de perte du sol et qui amènent très souvent les gens à cultiver dans la forêt. La Fao a une politique très stricte sur la non-utilisation des Ogm, des semences modifiées génétiquement et des pesticides pour qu’ils ne rentrent pas dans la chaine alimentaire.

Propos recueillis par
Sivouzi Youssoufa

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Published by Actu-Comores - dans ACTUALITÉ COMORIENNE
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