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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 19:10

 

Abou_oubeid

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (Fmi) a validé, vendredi 13 décembre, la sixième et dernière revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (Fec) en faveur des Comores. Une étape qui marque la fin du dispositif triennal du Fmi (avec un an de rattrapage, Ndlr) pour relancer la croissance économique et lutter contre la pauvreté.

Le secrétaire permanent de la Cellule des réformes économiques et financières (Cref), Oubeidi Mzé Chei, est revenu sur cette dernière revue qui «a été particulièrement difficile» par rapport aux autres mois. «L’évaluation portait sur la situation en fin juin. Bien que nous ayons réalisé la plupart des conditions contractuelles entre nous et le Fmi en matière de réformes conjoncturelles et structurelles, il y avait un problème au niveau de notre endettement vis-à-vis de l’endettement envers la Banque centrale», a confié Oubeidi Mzé Chei.

Le Fmi avait décidé d’accorder une dérogation compte tenu du fait que les autres paramètres étaient aux normes. «Si nous avons réussi ce programme c’est surtout à cause de l’implication du vice-président Mohamed Ali Soilihi. Il était la cheville ouvrière du programme en se montrant disponible dans les travaux avec ses collaborateurs et techniciens», a-t-il tenu à saluer.

Mis en place depuis juin 2009, le programme Fec évaluait des critères quantitatifs et structurels. «Il était convenu que nous mettions en place les ‘Cadres organiques’ même si nous n’avons pas atteint la perfection mais le premier signe est que les fonctionnaires sont payés tous les mois», a-t-il soutenu.

Dans ce volet des réformes structurelles, les Comores ont aussi adopté le code des marchés publics et le code des investissements, tous deux importants dans le respect des règles de la bonne gouvernance économique. «Nous avons une meilleure gestion de la dette extérieure avec un nouveau logiciel qui répond au standard international», a ajouté le conseiller économique du chef de l’Etat affirmant, ainsi, avoir pu éviter un nouvel endettement.

Toutefois, Oubeidi Mzé Chei reconnait que la fin du programme Fmi ne signifie pas que les problèmes du citoyen lambda ont été résolus pour autant. «Le taux de croissance tourne toujours autour de 3 à 3,5%. Il n’y a pas encore un vrai frémissement. Nous avons aussi ces problèmes d’Energie», a-t-il acquiescé. Mais pour lui, le programme a le mérite d’avoir tracé la voie. L’achèvement des six revues du Fonds monétaire international est présenté par cet ancien ministre de l’Economie comme une page qui se tourne.

Situation de fragilité économique oblige, le pays pourrait s’engager dans un «nouveau» programme avec l’institution de Bretton Woods. «Nous avons une situation [économique] qui est encore fragile. Nous voulons dans ce nouveau programme introduire ce que nous ressentons tous les jours. Beaucoup d’investisseurs se désintéressent par des craintes sur la justice et l’énergie. Cela fait partie des éléments que nous voulons négocier».

Par ailleurs, pour combler l’insuffisance des recettes, le ministère des Finances compte s’appuyer sur l’Administration générale des impôts et domaines (Agid). L’Agid est chargée de faire appliquer et respecter l’ensemble de la législation fiscale relevant de sa compétence et de centraliser et diffuser tous les renseignements relatifs à ses activités. «Il n’est pas normal que les recettes des impôts perçues au niveau de la douane soient plus importantes que la taxe fiscale. L’Agid comme instrument de collecte va grouper dans un fichier commun tous les contribuables pour une meilleure justice fiscale», expliquait-il.

Le Programme Fec s’était fixé comme objectifs l’assainissement des Finances publiques, le désengagement de l’Etat dans la gestion de Comores Telecom, de la Société comorienne des hydrocarbures (Sch) et l’électricité «Mamwe» pour un service de meilleure qualité à la population afin de lutter contre la pauvreté. L’appel à manifestation d’intérêt pour la société Comores Telecom a permis au gouvernement comorien de passer la cinquième revue. Aujourd’hui, la privatisation de l’opérateur publique semble se heurter au refus des députés.

Toutefois, il n’est pas exclu que l’Etat décide de délivrer une deuxième licence d’exploitation des télécommunications à une société privée. «Je me demande si Comores Telecom pourra survivre à une concurrence», s’interrogeait Oubeidi Mzé Chei.

Toyb Ahmed

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Published by Actu-Comores - dans ACTUALITÉ COMORIENNE
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